L'Eglise Saint-Martin de Grand-Ilet. Elle constitue l'édifice le plus remarquable du village de Grand Ilet, classée en totalité, depuis le 19 décembre 1982, au titre des monuments historiques. Elle restera l’une des dernières églises en bardeaux de l’île. C’est la dernière des nombreuses petites églises et chapelles en bois qui furent construites à compter du XVIIIe et jusqu’au début du XXe siècle à La Réunion (sources : Yves Augeard, architecte des bâtiments de France, en 1981). Son histoire est exceptionnelle car celle qui existe actuellement, inaugurée par Mgr Aubry devant plus de 2 000 fidèles le 7 avril 1997, est le quatrième édifice religieux bâti au même endroit.


La paroisse de Grand-Ilet a été fondée en 1861 et la première église Saint-Martin fût inaugurée le 13 mai 1873. Trop petite pour accueillir les 2500 paroissiens, elle sera remplacée par une version plus grande en 1901. Mais les cyclones de 1932 et 1935 ravagèrent l’édifice, et les habitants entreprirent sa reconstruction selon les mêmes plans et avec les matériaux en la déplaçant vers la droite. Les travaux s’achèvent en 1936 avec la construction du clocher dont la cloche prénommée « Martin » porte les initiales « GL » pour Gonzague LARAVINE, constructeur du beffroi (charpente supportant et permettant le mouvement de la cloche). La statue d’une Vierge immaculée fût placée à l’endroit où se tenait le maître-autel de l’ancienne bâtisse. Presque 60 ans plus tard, c’est au tour du cyclone Hollanda de défaire l’édifice en février 1994. Il souleva l’église comme un fétu de paille et la jeta quelques mètres plus loin.


La reconstruction à l’identique débute aussitôt, confiée à l’entreprise Asselin, spécialiste des travaux de restauration des bâtiments historiques. La charpente sera assemblée en métropole, avec du bois (d’iroko) importé du Cameroun, ainsi qu’avec le bois récupéré de l’ancienne église (bois de fer et bois de natte), puis transportée par container jusqu’à Grand Îlet. Les vitraux seront réalisés par le maître verrier réunionnais Guy Lefèvre. Ils représentent Saint Martin et Saint Louis-Marie Grignon de Monfort, complétés par une rosace au-dessus de l’entrée. Les travaux se termineront début 1997